Ligue 1, épisode 11: tonnerre de Brest !
Si on avait dit qu'au sortir de cette 11ème journée de championnat que Brest serait en tête de la Ligue 1, on se serait fait traiter, comme dirait le capitaine Haddock, de "bachibouzouk". Bon d'un autre côté, on ne l'a pas dit tellement cela pouvait paraître improbable. Car Brest, mythique équipe des années 90 avec les Ginola, Guérin, Guivarc'h ou Cabanas, était tombée tellement bas après la faillite du club que cela tenait du miracle de la revoir un jour dans notre élite.
Entre temps, la fibre bretonne avait changé de maillot et était venue se tisser aux tuniques rouges et noires rennaises et orange lorientaires, voire rouge guingampaises. Et puis la saison dernière par la grâce d'une fin de saison fulgurante, un peu comme Montpellier un an plus tôt, les Armoricains ont repointé le bout de leurs crampons en Ligue 1. A leur tête, sir Alex, enfin plutôt, restons français, sieur Alex, Dupont pour ceux qui l'ignorent encore, spécialiste de l'esprit commando et des équipes sans égo. Il avait déjà réussi le même coup avec Sedan, européen grâce à lui, mais là il remet ça, ce qui est encore plus fort, et prouve que l'épopée ardennaise ne devait rien au hasard.
Ce coup-ci, aux manettes du Stade Brestois 29, Dupont touche au divin: avec une équipe très jeune, sans recrue majeure au mercato, il prend la tête de la Ligue 1 avec une défense dure comme du granit breton, 4 buts encaissés seulement en 11 matches ! Comme le PSG en 2004. Et en 2004, le PSG avait fini champion ! Ca n'arrivera sans doute pas à Brest mais avec un gardien invaincu depuis presque 800 minutes, Steeve, comme Mandanda, Elana...comme quoi un Steeve peut en cacher un autre..., et un petit génie en herbe, Nolan Roux, les Armoricains sont bien partis pour réussir une grande saison. Et qui sait si le vent d'Ouest ne les portera pas aux portes de l'Europe ?
Ce soir, en tout cas, ils ont sereinement battu 2-0 Saint Etienne qui, lui, marque le pas après un début de saison tonitruant. Les Verts ne sont pas encore dans le rouge mais attention car dans ce championnat très serré où 8 petits points séparent le leader breton du 1er non relégable niçois, tout peut aller très vite !
Dans un sens ou dans l'autre. A la cave il y a 3 journées, les Lyonnais, malgré l'élimination en Coupe de la Ligue mercredi face au PSG, remontent peu à peu la pente. 8ème ce soir, à 6 points de Brest, ils ont encore souffert pour gagner à Gerland et on ne peut pas dire, loin de là, que les Gones aient dominé largement Sochaux dans ce 2-1. Mais ils ont assuré l'essentiel comptable sans pour autant se réconcilier avec leur public. Un public qui a tranché: il ne veut plus de Claude Puel et l'a arrosé pendant tout le match de cris hostiles à base de "Licenciement ! Licenciement !". La saison, s'il la termine et ce devrait être le cas puisque Jean-Michel Aulas n'a qu'une seule parole (NDLR: cette phrase contient une certaine dose d'ironie, saurez-vous la retrouver ?), sera longue, très longue pour le coach rhodanien. A moins qu'il ne gagne la Ligue des Champions, je ne vois pas comment il retournera l'opinion des tribunes. Même un titre de champion de Ligue 1 ferait juste baisser le volume des sifflets.
Il y a sans doute quelque chose d'injuste là-dedans. Mais entretenu par Aulas qui essaye de faire avaler aux supporters repus après 7 titres que le meilleur coach que puisse avoir l'OL est celui qui a eu le moins de titres et de résultats en 9 ans ! A part pour de mauvaises raisons (de grosses indemnités de licenciement par exemple), on a dû mal à comprendre cet entêtement de JMA. Même sa décision de lui maintenir sa confiance est incompréhensible car certes il le maintient à son poste mais lui colle Bernard Lacombe dans les pattes. Ce qui n'est jamais bon car le bras droit d'Aulas est aussi celui qui est armé. En attendant Lyon se consolera en se disant que cette semaine, il aura peut-être déjà la chance de se qualifier pour les 8ème en Ligue des Champions. Ce qui n'est pas donné à tout le monde. En fait, c'est juste donné à Chelsea, à Arsenal et au Bayern.
Dans les autres matches, Nancy a une nouvelle fois montré en l'emportant 3-2 à Caen que Marcel Picot le picote un peu trop avec sa nouvelle pelouse synthétique pour qu'il réussisse à y gagner. Alors dès que les Lorrains ont l'occasion de refouler une bonne vieille pelouse, ils en profitent pour bien jouer et retrouver un niveau plus conforme à leur standing.
Lens, malgré le coup de sang (et or) de Demont cette semaine (rappelons qu'il s'est fracturé la main tout seul après une altercation avec Jemaa et sera donc absent plus d'un mois), ce qui aurait pu mettre Gervais Martel en tête, a réussi à prendre un point au Stadium face à des Toulousains qui ne savent plus gagner sur leur terrain.
Auxerre a confirmé que sa victoire au Parc tenait plus du redressement dans le jeu que du hasard ou du hold-up en battant Nice 2-0.
Même score pour Lorient face à Arles-Avignon qui commençait à oublier un peu le goût de la défaite après 2 nuls consécutifs. Les Bretons leur ont remis les crampons sur terre. Si la météo ne s'en était pas mêlée au Vélodrome, les Rennais auraient peut-être réussi à battre l'OM et à réussir le grand chelem breton en cette 11ème journée. C'est encore jouable, à condition que l'on joue demain à 17h. Et, une semaine avant le Clasico, Marseille voudra sans doute jouer. Car en cas de victoire, il se présentera au Parc, peut-être sans supporters mais avec le titre de leader du championnat.
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1 novembre 2010
Je ne savais pas, je n’ai pas vu le CFC la semaine dernière. Mais à mon avis, ce titre-là on a dû le voir pas mal tourner, y compris quand Brest est monté en Ligue 1 l’an passé.