Ligue 1, épisode 13 en retard: Paris refuse la défaite, Lyon refuse la fatalité…
Sans en vouloir aux Auxerrois et aux Rennais qui ont confirmé avec ce 2-1 en faveur des Bourguignons ce qu'on savait déjà depuis quelques semaines, pour les premiers qu'ils sont sur la voie de la remontée au classement et pour les deuxièmes qu'il leur manque un attaquant, la vente cumulée cet été de Gyan et de Sow qui flambent tous les 2, l'un à Sunderland, l'autre à Lille, restant une connerie d'anthologie, les 2 matches en retard qui intéressaient le plus étaient ceux du PSG et de Lyon.
De Paris, on attendait la confirmation que l'équipe d'Antoine Kombouaré a franchi un palier dans le jeu et dans le mental et peut désormais se mêler à la course au titre. De Lyon, on espérait qu'enfin, en plus des résultats puisque Lyon reste sur 11 points pris sur 15 en championnat, il y ait du jeu. Des 2 côtés, on est un peu resté sur notre faim.
Au Moustoir, si Paris a dominé et s'est parfois même trimballé, malgré l'absence de Makelele, allergique au synthétique, et celle d'Edel, allergique à la toxoplasmose, la maladie des lapins, qui l'oblige à prendre un traitement considéré comme dopant, Paris a failli perdre. Malgré 20 tirs, des stats dignes d'un gros match à la maison, le PSG a couru pendant 70 minutes après le score ouvert par Kitambele et même frôlé la correctionnelle sur 2 occases en or de Gameiro. Pendant ce temps-là, Hoarau et Erding reprenaient leurs vendanges, à croire que les 2 buts contre l'OM ne furent qu'une éclaircie. Et une nouvelle fois, il a fallu le Nene chéri du PSG pour sauver les Franciliens d'une défaite qui aurait eu un goût plus qu'amer. 1-1 et finalement Paris s'en sort bien.
On a vu du coup les limites actuelles de Paris: une trop grande Nene-dépendance car le Brésilien finira forcément par avoir un coup de moins bien et cette persistance à gâcher devant le but. Une équipe qui veut espérer être championne de France doit être plus tueuse. Le PSG a peut-être le mental d'un futur leader de la Ligue 1, avec cette haine de la défaite qui permet d'arracher un nul mais pas encore cette froide efficacité qui permet de gagner même quand ce n'est pas gagné que ça arrive. Attention à ce qu'avec l'accumulation des matches, tout ce qui est en train de se construire ne finisse pas par se ramasser à la pelle comme ces feuilles mortes à l'automne, période habituelle de crise à Paris.
Lyon, lui, recevait Nice et a gagné 1-0. Le minimum syndical. But de Pied, un joueur avec un nom prédestiné à jouer au foot, un de ces nombreux jeunes que Puel lance ou relance en ce moment. A cause des nombreuses blessures ou méformes et sans doute, aussi, pour piquer ces cadres qui ont eu l'outrecuidance de le remettre en cause. Pied qui a marqué et qui n'a pas manqué d'égratigner tout ceux qui enfoncent Lyon depuis le début de la saison sur l'air de "OK on joue mal mais en attendant, on est à 3 points du leader". Joli Pied...de nez à la presse. Car finalement il a raison: dans ce championnat incroyable où 12 équipes se tiennent en 4 points, Lyon, malgré son entame catastrophique, est là. Et bien là.
La faute à ses supposés adversaires dans la course au titre qui eux aussi patinent plus ou moins et n'ont pas su faire le trou. Mais grâce aussi à cette volonté farouche des Gones de ne pas accepter d'être montré du doigt et même moqué par la France du foot. Le Lyon a encore faim et refuse cette fatalité qui voudrait qu'on parle de sa splendeur au passé. Alors les joueurs, symbolisés par Gourcuff qui monte en puissance, se sont accrochés. Et accroché à ce précepte simple répété par le président Aulas: mieux gagner en jouant mal que perdre en jouant bien.
C'est ce qui s'est passé hier soir. Exactement. Avec le résultat escompté. L'OL ne fait pas rêver, l'OL est aussi glamour qu'une conférence de presse de Claude Puel mais l'OL a refait son retard et peut raisonnablement envisager de jouer le podium. Car une chose est d'ores et déjà sûre: les inconstances des uns, les inconsistances des autres vont nous donner un championnat avec un suspense à couper au couteau. L'option "cavalier seul" semble très très hypothétique cette saison. Ce n'est pas forcément la marque d'un grand championnat mais c'est comme ça. Et ce n'est peut-être pas si mal au final...
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